Déjouez les pièges des «allégés» !
Avec la folie des régimes, l'obsession pour la minceur, les produits dits
«allégés» se vendent fort bien et de plus en plus. Ils ont fait leur apparition
dans les années soixante avec le lait écrémé et aujourd'hui on en trouve partout
et à tous les rayons. Les marques agro-alimentaires rivalisent de créativité
pour nous proposer sans cesse de nouveaux produits «light» et visiblement le
filon n'est pas près de se tarir puisqu'on estime qu'environ 25% des Français en
consomment régulièrement. Et pourtant ils sont en général moins bons et plus
chers. Alors, l'allégé, argument marketing ou réalité? Font-ils vraiment maigrir
?
D'abord, première mise en
garde, sachez que allégés, léger et light ne signifient pas la même chose, ils
ne sont pas synonymes. En effet, «allégé» est une appellation pour laquelle il
existe une réglementation précise. Selon cette réglementation, un produit est
dit "allégé" lorsque sa teneur en nutriments (sucres, matières grasses) ou sa
valeur calorique est diminuée de 25% minimum par rapport au produit standard.
Pour "léger" ou "light", il n'y a pas de réglementation. Ces deux dernières
appellations sont utilisées par les industriels quand le produit ne répond pas
aux normes de l'allégé.
Il faut donc faire attention aux différentes
appellations. D'autre part, allégé ne signifie pas 0 calorie. Tout aliment
apporte des calories, même de la laitue sans sauce et c'est normal, c'est pour
nourrir que les aliments sont faits...
Pour mieux s'y retrouver, voyons ce que recouvrent les différentes
appellations. «Allégé en sucre» signifie que le produit contient au minimum 25%
de sucre en moins que le produit standard. La mention «sans sucre» signifie
qu'il n'y a pas plus de 0,5g de sucres/100g. «A faible teneur en sucres» veut
dire pas plus de 5g de sucres/100g. «Sans sucres ajoutés» : aucun sucre n'a été
rajouté dans un produit qui en contient déjà naturellement (exemple compote ou
jus de fruits).
Le sucre est souvent remplacé par des édulcorants de
synthèse (donc chimiques) tels que l'aspartame qui est le plus connu, ou
l'acésulfame de potassium. Mais bien sûr, cela ne signifie en aucune façon que
le produit n'apporte pas de calories! Surtout si, pour des raisons de
fabrication, on est obligé de remplacer le sucre par une autre substance. C'est
le cas du chocolat.
En effet, dans le chocolat light, le sucre est remplacé
par des polyols et… des graisses!!! Donc non seulement le chocolat light n'est
pas forcément moins calorique que le chocolat normal mais il l'est souvent
plus!
La mention "faible teneur
en matières grasses" signifie que le produit contient moins de 3g de matières
grasses/100g (ou 1,5g/ 100ml). "Sans matières grasses", pas plus de 0,5g/100g
(ou 100ml).
Pour les matières grasses tartinables, un beurre (ou une
margarine) standard contient plus de 80% de matières grasses. Un beurre "allégé"
en contiendra entre 41 et 62%. «Faible teneur en matières grasses» : entre 39 et
41%.
Mais il faut savoir que les matières grasses donnent surtout une
texture et du goût aux aliments. Si on les enlève, pour préserver la texture et
un minimum de goût, il faut les remplacer par autre chose. Cela peut être de
l'eau (exemple margarine et beurre), de l'air (crème glacée, mousse) mais plus
souvent (plats cuisinés, mayonnaise, sauces, desserts etc) on les remplace par
…des sucres! Donc on augmente la quantité de glucides!
Quant aux produits
naturellement riches en gras tels que les chips, il n'y a pas grand-chose à
faire, ils restent gras. Les chips «light» contiennent presque autant de
calories que les normales : 493kcal/100g contre 557kcal/100g. Donc manger un
paquet de chips light pour maigrir ou pour ne pas grossir n'est rien d'autre
qu'une vue de l'esprit, surtout si on mange deux paquets en se disant que c'est
du light.
Pour vraiment perdre
du poids, désolée mais il n'y a pas de miracles, vous n'échapperez pas à un
régime adapté à votre morphologie, à une nourriture saine et équilibrée et à de
l'exercice physique. Le fait que les produits soient "allégés" est censé réduire
leur apport calorique. Mais le problème est que, souvent, on en mange plus,
justement parce que c'est "léger". C'est l'effet classique du light : il
déculpabilise et du coup on se laisse aller. "Comme c'est du camembert light, je
peux le manger en entier". Maigrir? A ce rythme, on pourrait même obtenir
l'effet inverse… D'ailleurs, on remarquera avec ironie que les plus gros
consommateurs de produits "light" sont les Etats-Unis qui affichent aussi le
plus gros nombre d'obèses.
Pour s'en sortir il faut lire attentivement
les étiquettes, prendre le produit allégé et le produit standard et comparer le
nombre de calories, la quantité de sucre (glucides) et la quantité de graisses
(lipides).
Et finalement, est-ce que le plus simple ne serait pas de
manger des produits normaux mais en en contrôlant les quantités?
Source : gaboneco.com

